Crash d'un hélicoptère des casques bleus en RDC : Les Nations unies n’excluent pas la piste d’une attaque

31/03/2022 mis à jour: 18:50
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A t-il été la cible d’un tir des rebelles ou de l’armée ? Aucune piste n’était exclue mercredi pour expliquer le crash d’un hélicoptère dans lequel ont péri la veille huit Casques bleus de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (Monusco), rapporte l’AFP.

L’hélicoptère s’est écrasé alors qu’il effectuait une mission de reconnaissance au-dessus d’une zone de l’est du pays, au Nord-Kivu, où de violents combats opposaient depuis la veille l’armée congolaise aux rebelles du Mouvement du 23 mars(M23).

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (RDC) ont rapidement accusé les rebelles d’avoir abattu l’appareil. Le M23 a démenti, en accusant au contraire l’armée d’être responsable du crash.

La Monusco, qui a retrouvé les débris du Puma et ramené à sa base de Goma les corps de ses Casques bleus (six Pakistanais, un Russe et un Serbe), ne se prononce pas.

Mais les premières indications font état d’un «objet lumineux», dont la nature reste à déterminer, qui aurait atteint l’hélicoptère et causé le crash, a déclaré hier sur Radio France Internationale le représentant spécial adjoint pour la protection et les opérations au sein de la Monusco, Khassim Diagne. «Nous n’excluons aucune piste», a-t-il observé, y compris «la piste d’une attaque contre cet hélicoptère».

Ce crash est survenu alors que l’armée congolaise, après plusieurs mois de soupçons et des décennies de relations de méfiance, venait d’accuser le Rwanda de soutenir la rébellion du M23, affirmant même avoir capturé deux militaires rwandais lundi dans la région des combats, dans le territoire de Rutshuru, frontalier de l’Ouganda.

Kigali a tout fermement démenti, assurant que ces deux hommes, capturés il y a plus d’un mois, ne faisaient pas partie de son armée et récusant tout soutien aux rebelles.

Le M23, également appelé «Armée révolutionnaire congolaise», est issu d’une ancienne rébellion tutsi congolaise jadis soutenue par le Rwanda et l’Ouganda. Défait en 2013, le M23 fait de nouveau parler de lui depuis novembre, attaquant des positions militaires et reprochant à Kinshasa de n’avoir pas respecté des engagements sur la démobilisation de ses combattants.

Les armées congolaise et ougandaise collaborent dans la lutte contre le M23 dans ce secteur, a-t-il assuré, comme elles coopèrent plus au nord dans la lutte contre un autre groupe rebelle, les ADF (Forces démocratiques alliées). 

L’est de la RDC est en proie aux violences de nombreux groupes armés depuis plus d’un quart de siècle. 

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