Carnet de bord : Le Paname culturel

17/07/2022 mis à jour: 12:11
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Quand Paris entre en «Seine»

Oui, Paris est une fête, et flâner au bord de la Seine en est le summum du sens intuitif, on se la coule douce sur ce hamac public, ici, dans ce magnifique coin lové dans l’île de Saint-Louis. Une petite pause tranquille s’impose, toutefois dérangée par les aller-retour des péniches bondées de touristes annonçant une revanche de Paname sur la Covid-19, avec un retrait momentané des voyageurs chinois.

 

La fabrique branchée 
 

La rue Sainte-croix-de-la-bretonne prise en sandwich par les rues du temple et Vieille-du-temple semble subir plusieurs coups de toilettage et ce, à travers une véritable opération de charme. La gastronomie italienne conquit les lieux, autrefois quartier des bretonnes, Eataly est la nouvelle destination des fins gourmets. Un bout de parmesan et te voilà louer la qualité du fromage et dans la langue de Dante Si il vous plaît. «La Gustoso, friabile e versatile il Parmigiano Reggiano 24 mesi ha raggiunto il grado di maturazione ottimale che regala al palato un gusto equilibrato tra dolce e salato.» 

Un texte qu’on peut traduire par un fromage savoureux et polyvalent gagnant en maturation après 24 mois permettant de donner au palais un goût équilibré entre sucré et salé. Ce quartier branché semble unir tous le mondes et les couleurs agrémentent les lieux et rappellent les quartiers branchés de San fransisco. OpenCage, Lounge Désire, le Fer à Cheval, les philosophes, la Belle Orthense et le cactus ainsi qu’un Eden de terrasses attestant de cette soif des gens pour le show quotidien a la lumière du jour. Un véritable culte du corps anime les zélateurs du soleil. Ici, on venge bien les deux ans du confinement en s’adonnant à des bronzage dorés.
 

Une Ziara au temple 
 

La rue du temple nous mène droit vers les carreaux du temple qui abritent une belle exposition, ou plutôt une installation à la sauce poético-footballistique, dont l’artisan n’est autre que le journaliste écrivain Mustapha Benfodil qui nous rappelle que l’inspiration peut mener droit au but. Des auteurs qui ont troqué leur ex-libris contre des pull de football, des pulls en bleu et blanc flanqués de noms de grands romanciers. Tarek Ben Harrag, Ouali Benoualou, Malika Soleil, Mounia Benzira sont les nouvelles recrues qui devraient innover avec des tirs cadrés, des demi-volées et autres coups de tonnerre à la transversale. Cette équipe mixte et inclusive est alignée face aux éternels Yacine, Camus, Assia Djebbar, ainsi et à la faveur de ce concept novateur et original baptisé Maportalich, la littérature trouvera sa place et affichera une nouvelle identité en explorant de nouveaux canaux dans l’espace public ou le fun et la littérature font désormais bon ménage ! .
 

De l’autre bout de la rue Vieille-du-temple l’heure est au recyclage et à la récup, les passionnés ont fait le pied de grue la vielle pour prendre part à cette grande boîte à idées et entamer une journée dédiée au Bricolage grandeur nature. Les associations étalaient leurs solutions et leur produit tout en faisant face à la 
sur consommation et au gaspillage. Un idéal auquel adhère notre infatigable Kamera Vesic Zerarga et l’association Pik-Pik. Des ateliers de réparation ouvert à ceux et celles qui cherchent à régler des problèmes de petites pannes donnant ainsi une seconde vie aux articles défectueux.
 

Akli D nous accueille à la Courneuve 
 

Après un pause déjeuner chez le Tunisien de la Goulette de la rue de la Verrerie, nous voilà embarqués dans le RER D, direction La Courneuve pour assister au concert d’Akli D et Mamadou et Meriam. Je pense à toi mon amour ma bien-aimée suivie de dimanche à Bamako, des chefs- d’œuvre magistralement accompagnés par des chœurs des marmottes. Le spectacle a été gratifié d’un belle rencontre intimiste entre Akli D. et ses fans, Anfas i Larbi Tranquil a mis le feu dans tout le jardin de la liberté de la Courneuve, des ritournelles par-ci, des déhanchements par-là. C’est un pari facile pour certains et pas facile pour les autres qui se sont rabattus sur les selfies. «Arwwwiiiiiii» lecharivari fétiche de l’homme au flamboyant sourire est accueilli avec des applaudissements du public qui est invité à un autre concert le 22 juillet prochain au Cabaret sauvage pour les 25 ans de l’établissement.
 

La culture d’un pont à un autre 
 

Retour à Paris et à ces deux rives pour vivre au 3 Quai de la Tournelle au rythme des retrouvailles avec une grande militante féministe, une des belles icônes des années du combat et de la résistance, c’est Houria Saihi, journaliste cinéaste et auteur herself qui nous invite à une vente-dédicace de son livre Une femme Algérienne, j’ai écrit ton nom, un opus dédié à un parcours d’une femme digne et fière. La réalisatrice de kssat Kass a tronqué sa caméra contre un stylo pour nous replonger dans les années de la clandestinité du mouvement communiste (PAGS) et tous les efforts déployés par les hommes et les femmes au couffin pour défendre les idéaux de la justice sociale de la liberté et de la dignité humaine. 

Après la séance photo et la signature de l’œuvre par Houria, très chic dans sa robe africaine. La rencontre s’est déroulée dans une espèce de voûte savamment éclairée, pas loin de l’île de Saint-Louis. Une autre bonne adresse parisienne où l’on se prélasse d’alléchantes glaces aux cassis, aux fruits de bois, à la réglisse et autres parfums naturelles. Le Map nous indique le lieu et c’est exactement au 31 de l’île. Le must des must n’est autre que le glacier Bertillon. On papillonne d’un quai à un autre pour «enjoyer» cette fois-ci la poésie et ça ce passe dans le petit théâtre de l’île de Saint-Louis au quai Anjou qui témoigne de l’intensité de l’activité culturelle dans ce microcosme parisien. Un spectacle musical où la grande poétesse panafricaine Iverlenee Worell a donné la réplique au Comédien franco-gabonnais Jann Halexander. Un texte fort et poignant rappelant les souffrances des migrants et des harraga, devenus par la force de la misère des prédateurs de la terre du plancton pour les prédateurs de la mer. 

A table, un poème exécuté sur des notes de piano en ré majeurs pour raconter l’odyssée des adultes et des mineurs prise dans le piège de la Marenostrum. Et pour terminer, le poète a enchaîné avec consolation, en latin, un texte ovationné par le grand public que la petite salle de la rive gauche n’a pas pu contenir. Un petit théâtre tout comme le Point Virgule qui verra le feu follet sur la scène. Kamel Abdat mettra le feu au 20, rue Saint-croix-de-la-bretonne rie. La journée a pris fin dans un café à la place de la République, un projet culturel a pris naissance. 

La poésie du chanteur Mahieddine Bentir a réveillé la verve artistique du comédien Moa Abaid. Ce dernier compte porter haut cette magnifique initiative. L’idée est de déclamer le poème intitulé Y a-t-il une place pour ma race «dans un esprit rap rehaussé d’un éblouissant enchaînement de chœurs. Marché conclu sous l’œil bienveillant de l’ancien distributeur de film japonais Kawakita.   YAM
 


 

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