Alors que le nombre des contaminations demeure élevé : Une reprise scolaire dans l’incertitude

27/01/2022 mis à jour: 06:11
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Une reprise risquée des cours / Photo : B. Souhil

Les syndicats dénoncent l’absence d’opération de désinfection et le manque de moyens humains et matériels.

Confinés à domicile à cause de la propagation inquiétante de la pandémie de la Covid-19 en milieu scolaire, près de 11 millions d’élèves reprendront les cours la semaine prochaine. Les conditions de reprise n’ont toutefois pas changé de celles de la fermeture.

En effet, fermés pendant 10 jours sur décision présidentielle, les établissements scolaires rouvriront leurs portes dès dimanche prochain. Les rumeurs quant à un éventuel prolongement de ce confinement d’une dizaine de jours supplémentaires ont été démenties officiellement par le ministre de la Santé, le Pr Abderrahmane Benbouzid. Toutefois, dans quelles conditions va s’opérer cette reprise ? Selon les syndicats, rien n’a changé.

Aucune opération de désinfection n’a été faite dans les écoles et les moyens humains, matériels et financiers manquent toujours. «Les écoles vont s’ouvrir comme elles se sont fermées. A-t-on a mis à profit ces 10 jours pour renforcer les mesures sanitaires ? A-t-on doté les établissements de thermomètres de température, de bavettes et de gel désinfectant ?

Malheureusement, non. Arrêter la propagation du virus nécessite une prise en charge à l’intérieur et à l’extérieur de l’école, notamment dans le transport scolaire où les élèves sont entassés», déclare Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest).

Sur la même lancée, Messaoud Boudiba prévoit un taux d’absentéisme très important ce dimanche. Pour lui, beaucoup de fonctionnaires du secteur, tous types confondus, et des élèves sont toujours malades.

La propagation du virus est toujours très active accentuant, selon ses propos, le risque à l’école. «Dans les conditions actuelles et en l’absence de moyens de mise en application du protocole sanitaire, nous risquons de nous retrouver à la case de départ. Le problème est que beaucoup de fonctionnaires et d’élèves n’ont pas les moyens de faire le dépistage de la maladie.

Il reste un facteur important de la propagation du virus. Nous sommes dans l’incertitude et le doute dans cette reprise», déclare le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapest). Il appelle justement les autorités compétentes, dont le ministère de l’Education nationale et le conseil scientifique, à prendre leurs responsabilités en annonçant les vrais chiffres quant aux contaminations et surtout en prenant leurs dispositions pour lancer les campagnes de dépistage afin d’avoir les véritables chiffres et pouvoir cerner le virus.

Même son de cloche chez Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef). Pour lui, la reprise se fera dans les conditions critiques qui ont conduit à la suspension des cours. «Rien n’a été entrepris depuis la sortie des élèves. Ni les salles n’ont été désinfectées, ni l’engouement des travailleurs pour la vaccination n’a été constaté.

Les élèves ont pris des vacances tout simplement. La reprise aura lieu ce dimanche avec des risques qui existaient déjà avant de libérer les élèves dans certaines régions, car le nombre de contaminations a augmenté et s’est même généralisé dans les familles. Nous sommes devant des clusters, contrairement à d’autres régions. Le Satef propose de procéder au cas par cas.

Nous ne devons pas fermer toutes les écoles prétextant dans ce cas l’égalité des chances dans le retard», ajoute notre syndicaliste qui estime que le retard dans l’accomplissement des programmes est déjà de mise. Pour lui, cette année encore, les moyennes de passage entre les niveaux scolaires seront revues à la baisse.

Cela est également valable pour les nouveaux bacheliers qui seront encore une fois touchés par la politique du rachat à 9/20. Il est à rappeler que le ministère de l’Education nationale n’a encore donné aucune information officielle sur le taux de contamination dans les écoles. Le taux de vaccination, quant à lui, ne dépasse toutefois pas les 33%.

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