Le retrait américain de l’OMS menace le réseau mondial de surveillance de la rougeole, jusqu’ici entièrement financé par les États-Unis. L’Afghanistan est également menacé par le paludisme, la dengue et tente toujours de vacciner assez d’enfants pour éradiquer la polio.
L’Organisation mondiale de la Santé alerte sur la menace qui pèse sur le système de santé en Afghanistan, affirmant que sans fonds alternatifs, elle devra fermer d’ici juin la majorité des services médicaux qu’elle soutient. Le pays dépend largement du financement international pour maintenir son infrastructure sanitaire, et les conséquences d’un tel arrêt seraient désastreuses.
L’OMS rapporte qu’au 4 mars, 167 centres de soin avaient déjà fermé faute de financement, privant 1,6 million de personnes d’un accès à des soins vitaux. Dans plusieurs régions du pays, plus d’un tiers des centres de santé sont désormais hors service, augmentant le risque d’une crise humanitaire majeure. Si aucun financement n’est trouvé, plus de 220 autres établissements pourraient fermer dans les mois à venir, affectant 1,8 million d’Afghans supplémentaires.
L’organisation s’inquiète également de la propagation de maladies infectieuses, notamment la rougeole, qui a connu une recrudescence alarmante en 2025. Plus de 16.000 cas suspects et 111 décès ont été recensés en janvier et février, tandis que les autorités talibanes contestent ces chiffres. La situation sanitaire est aggravée par la difficulté d’éradiquer des maladies comme la polio, encore endémique en Afghanistan et au Pakistan, ainsi que par les épidémies de paludisme et de dengue.
Le retrait des États-Unis de l’OMS, initié sous la présidence de Donald Trump, a exacerbé la crise en mettant en péril plusieurs programmes de santé mondiale, notamment la surveillance de la rougeole. Les autorités talibanes, au pouvoir depuis 2021 et non reconnues internationalement, ne disposent pas de moyens suffisants pour maintenir un système de santé fonctionnel et s’appuient essentiellement sur l’aide humanitaire.
L’ONG Save the Children a également annoncé la fermeture de 18 centres de santé en Afghanistan par manque de financement. Seules 14 de ses cliniques disposent encore de fonds suffisants pour un mois supplémentaire. En janvier, ses établissements avaient soigné 134.000 enfants, mais l’absence de nouveaux financements pourrait entraîner d’autres fermetures.
La situation des femmes et des enfants est particulièrement préoccupante. Le taux de mortalité maternelle est l’un des plus élevés au monde, avec 638 décès pour 100.000 naissances viables, et l’arrêt des financements américains pourrait causer 1.200 décès maternels supplémentaires d’ici 2028. La dénutrition est également un problème majeur, avec 10 % des enfants de moins de cinq ans souffrant de carences alimentaires et 45 % présentant un retard de croissance, des chiffres parmi les plus alarmants à l’échelle mondiale.
Après quatre décennies de guerre et une accumulation de crises économiques, humanitaires et climatiques, l’Afghanistan se retrouve dans une situation critique, alors que les ressources internationales s’amenuisent et que les besoins en soins de santé ne cessent d’augmenter.