Les autorités algériennes ont notifié au Maroc, jeudi 27 mars, la décision d’expulser Mohamed Isafiani, vice-consul général du Maroc à Oran, en le déclarant persona non grata.
Convoqué au ministère des Affaires étrangères à Alger, Khalid Chihani, gérant intérimaire du consulat général marocain, a reçu cette décision de la part de Mokhtar Amine Khelif, directeur général du Protocole.
Le diplomate marocain a été sommé de quitter le territoire algérien sous 48 heures, selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères. La raison invoquée par Alger est liée à des «comportements suspects» de M. Isafiani, jugés «incompatibles avec ses fonctions consulaires» et en violation des lois algériennes ainsi que de la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963.
L’expulsion s’appuie sur l’article 23 de la Convention de Vienne, qui permet à un Etat d’expulser un agent consulaire sans obligation de justification. Cette expulsion s’ajoute à une série de gestes hostiles de la part de Rabat, qui ne cesse d’alimenter le conflit avec Alger.
Cette expulsion s’inscrit dans un climat de tensions marqué par des gestes diplomatiques hostiles de la part du Makhzen depuis la rupture officielle des relations diplomatiques entre les deux pays en août 2021.
Alger a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat suite à une série d’actes hostiles du régime du royaume contre l’Algérie. Cette rupture diplomatique n’a toutefois pas affecté les services consulaires dont le fonctionnement a été maintenu.
En mai 2020, le consul général du Maroc à Oran a qualifié l’Algérie de «pays ennemi» lors d’une réunion avec des ressortissants marocains. Cette déclaration, devenue virale sur les réseaux sociaux, avait conduit à la convocation de l’ambassadeur marocain par Alger.

Attenter à des institutions sécuritaires et administratives algériennes
Les relations algéro-marocaines sont marquées par des crises récurrentes. Le Maroc, qui colonise, depuis 1975, le Sahara occidental, s’en prend régulièrement à l'Algérie, qui soutient le peuple sahraoui dans sa lutte pour l'autodétermination portée par le Front Polisario.
Depuis, le régime du Makhzen ne cesse de provoquer l’Algérie. En pleine rupture des relations entre l’Algérie et le Maroc, un réseau d’espionnage, qui activait au profit du Makhzen, a été démantelé, en septembre dernier, à Tlemcen.
Ce réseau d’espionnage avait pour but d’attenter à des institutions sécuritaires et administratives algériennes. Toujours en septembre dernier, le gouvernement algérien a décidé de rétablir, avec effet immédiat, l'obligation d'obtention du visa d'entrée au territoire national pour tous les ressortissants étrangers détenteurs de passeport marocain.
L'Algérie, «toujours mue par des valeurs de solidarité tissées par les liens humains et familiaux qui unissent les deux peuples frères, algérien et marocain, avait évité, lors de la décision de rupture des relations diplomatiques avec ce pays en août 2021, de remettre en question la liberté et la fluidité de la circulation des personnes», précisait un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.
«Profitant du régime d'exemption des visas, malheureusement, le Royaume du Maroc s'est livré à diverses actions attentatoires à la stabilité de l'Algérie et à sa sécurité nationale, avec l'organisation, à grande échelle, de réseaux de crime organisé, de trafic de drogue et d'êtres humains, de contrebande, d'immigration clandestine et d'actes d'espionnage, ainsi que le déploiement d'agents de renseignements, détenteurs de passeports marocains, pour accéder librement au territoire national.
Ces actes constituent une menace directe sur la sûreté nationale de notre pays et imposent un contrôle ferme et strict de tous les points d'accès et de séjour en territoire national», avait souligné le communiqué. «Le Royaume du Maroc est tenu pour seul responsable de l'actuel processus de dégradation des relations bilatérales par ses agissements hostiles à l'Algérie», avait conclu la même source.
Il a été établi que le régime marocain utilisait cette liberté de circuler pour mener des actions hostiles à l’égard de l’Algérie.
Il y a une année, le Makhzen a tenté de confisquer les locaux de l’ambassade algérienne à Rabat. Une tentative qualifiée par Alger de violation inqualifiable des conventions diplomatiques. Le ministère algérien des Affaires étrangères avait promis une réponse ferme, y compris via des recours juridiques internationaux. Cherif Lahdiri