La recherche de nouvelles réserves compromet la domination de la Chine : Les terres rares, nouvelle cible des grandes puissances

30/03/2025 mis à jour: 17:01
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Les terres rares font l'objet d'un bras de fer géopolitique entre les grandes nations industrialisées

De l’or au charbon, du pétrole au gaz, puis à l’uranium, etc., l’histoire du monde a toujours tourné autour de l’accaparement des richesses de la terre. Aujourd’hui, les grandes puissances ont trouvé une nouvelle quête leur permettant de préserver leur domination économique. 

Il s’agit des terres rares, cette ressource, dont les différents éléments entrent dans la fabrication des nouvelles technologies, fait courir les Etats et redessine la carte géopolitique du monde. Le conflit en Ukraine, l’appétit naissant des Etats-Unis pour l’acquisition du Groenland, la superpuissance de la Chine… ont pour point commun les terres rares. 

Les pays s’agitent pour chercher ces éléments naturels afin de gagner la bataille de la technologie et avoir une carte d’accès au nouvel ordre mondial. Jusqu’à présent, la Chine est le pays comptant les plus grands gisements de terres rares. Mais une étude de l’Académie chinoise des sciences a révélé que cette prédominance chinoise risque de se réduire et même toucher à sa fin d’ici dix ans. Alors que la Chine détient actuellement plus de 60% des réserves mondiales, traite 90% de toutes les terres rares existantes et concentre l’approvisionnement en métaux rares essentiels à la fabrication de véhicules électriques, à l’électronique et même aux équipements militaires. 

Les scientifiques chinois prédisent que la part de matières premières estimée à 62% du pays pourrait chuter à 28% d’ici 2035, à mesure que de nouvelles sources émergeront. Une baisse à 23% est prévue également en 2040. Cette étude, reprise par le site la revue chinoise Rare Earth, souligne que la concurrence s'accroît, et l’ouverture de nouvelles mines en Australie, en Afrique du Sud, en Amérique du Sud et dans d’autres pays, en plus du projet Kvanefield au Groenland, «pourraient remodeler l’écosystème des terres rares dans les années à venir». 

La part de l'Afrique

Le projet du Groenland explique l’insistance de l’administration américaine à vouloir s’accaparer ce territoire. De même, son engagement dans la guerre en Ukraine en contrepartie des métaux de terres rares. 

Le rapport des scientifiques chinois suggère des «changements fondamentaux» dans l’industrie. Selon un rapport de l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis, le monde compte environ 110 millions de tonnes de gisements répartis dans différentes régions. 44 millions de tonnes du total des réserves se trouvent en Chine, 22 millions au Brésil, 21 millions au Vietnam, 10 millions en Russie et environ 7 millions en Inde. L’Afrique, qui n’a pas encore révélé toutes ses richesses, peut également devenir un acteur majeur de la chaîne d’approvisionnement en terres rares. 

Des projets sont lancés en Afrique du Sud et en Tanzanie pour augmenter les capacités d’extraction des minéraux critiques, ce qui pourrait faire passer la part de l’Afrique de 1 à 7%. D’autres pays du continent explorent leur potentiel de terres rares, notamment avec les Chinois, ce qui provoque l’ire des Etats-Unis. Selon des experts miniers, l’accord sur l’exploitation des terres rares en Ukraine par les USA est absurde. 


Ces experts estiment que les gisements ukrainiens  sont obsolètes, surestimés et largement inaccessibles. 
La guerre pour l’acquisition des terres rares n’étant qu’à son début, la carte du monde risque de connaître bien des changements. Nadjia Bouaricha

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