La chronique littéraire / La littérature algérienne, un héritage à préserver

25/01/2025 mis à jour: 01:25
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La littérature algérienne dans sa foisonnante diversité constitue, à n’en point en douter, un repère culturel privilégié pour notre société. Elle témoigne de la pérennité culturelle de notre pays et manifeste,  dans sa portée créative, les capacités de notre peuple à exprimer le monde. 

C’est pourquoi la littérature produite par les générations précédentes constitue un précieux legs pour celles actuelles. Un legs qui manifeste le passé en le présent, en le projetant vers le futur. Car, selon l’expression attribuée à Lavoisier, «rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme».

 Et cela est d’autant plus vrai  que nous vivons une époque de ruptures dommageables, où, au nom d’un monde faussement novateur, on fait table rase du passé, au risque de perdre son âme et de  sacrifier son identité sur l’autel d’une mondialisation, procédant, le plus souvent, par le nivellement par le bas. Or, la littérature algérienne a toujours tiré l’individu et les groupes sociaux constitutifs de la nation vers le haut. Vers les cimes de la réflexion, du progrès et de la liberté, même quand il s’est agi de recourir au bris des tabous, mais avec le souci constant de construire positivement et non de détruire gratuitement.

 Elle a ainsi contribué à faire avancer la société et à la défendre contre la régression qui peut, à tout moment, dans un monde à la confusion voulue, resurgir sous des oripeaux inattendus. La littérature algérienne constitue le pan le plus emblématique de notre culture, dont elle est l’ambassadrice auprès des autres nations. A l’instar de ces écrivains qui ont porté, haut et fort, le fier emblème de la lutte pour le recouvrement de notre indépendance et pour la dignité de notre peuple. C’est cet héritage, se confondant avec celui de ceux qui croient en une humanité solidaire, respectueuse de chacun et des valeurs que nous partageons pour un monde meilleur, qui se doit d’être préservé et revivifié. 


Cette  préservation pourrait passer par une reconnaissance renouvelée envers nos écrivains avec des hommages de toutes sortes, y compris philatéliques, toponymiques ou fiduciaires et même cinématographiques, certes, mais aussi au travers de la consécration de la littérature algérienne dans les programmes scolaires et dans le système éducatif en général, pour raffermir sa place, qui est celle de la culture, dans la société et parmi les jeunes générations. 

Il s’agit aussi d’aider à la réédition et à la diffusion de nombre d’œuvres devenues introuvables, dans leur propre pays, ce qui est en soi une aberration. Sans que cela ne nous fasse négliger les grandes difficultés que rencontre le monde de l’édition, tant pour  la production des prédécesseurs que pour celle de ceux qui se veulent leurs héritiers. Des héritiers qui ont à cœur de poursuivre l’œuvre littéraire algérienne. 

Car il s’agit bien d’une œuvre commune, l’œuvre d’une nation toujours porteuse de talents créatifs exprimant l’éternelle Algérie, plongeant ses racines dans l’histoire la plus lointaine et se projetant, toujours fière, grâce à la volonté de tous ses enfants, au cœur de l’avenir. La littérature a cette capacité de mettre des mots sur les sentiments sincères et les causes justes, non pas pour les travestir, mais pour les servir, c’est pourquoi les grandes nations font de leur littérature un réservoir du sens qu’elles donnent à leur grandeur. Une grandeur que l’Algérie a déjà démontrée dans le feu sacré de la guerre de Libération et sa victoire contre les fossoyeurs. 

Une grandeur que la littérature  ne cessera d’exprimer, en préservant l’héritage de nos aînés et les rêves de nos enfants. La littérature aura aussi accompagné toute l’histoire contemporaine de notre pays, se posant comme le miroir de son évolution, exprimant ses préoccupations sur tous les plans et reflétant, souvent, les contradictions socio-politiques et les tiraillements idéologiques que toute société connaît naturellement. De même, la littérature algérienne s’est constituée comme un reflet de la diversité et de la richesse culturelle de notre pays. 

Cette littérature a exprimé, enfin, les positions et postures des uns et des autres, individus, groupes ou courants, dénotant la dynamique des idées qui traversent, nécessairement et pour son plus grand bien, la société.

 C’est pourquoi, aujourd’hui, la littérature algérienne, dans toutes ses composantes, a besoin de préserver son héritage, dans toutes ses déclinaisons, et de le faire fructifier, avec l’aide de tous, pour assurer sa pérennité dans un environnement en complète transformation et sa transmission tant à la société actuelle qu’aux générations futures.    


 Par Ahmed Benzelikha

 

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