Mise en place d’une nouvelle carte sanitaire : Vers la suppression des établissements de proximité ?

17/07/2022 mis à jour: 08:47
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Les syndicats du secteur affirment ignorer les détails de ce projet

Le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a ordonné, dans une note adressée aux walis, de geler ou d’annuler tout projet de construction de sièges administratifs pour les Etablissements publics de santé de proximité (EPSP). Des établissements créés par le décret exécutif n°07-14 en 2007. Le motif serait la mise en place prochainement de la nouvelle carte sanitaire conformément à la loi sur la santé de 2018 qui a abrogé celle en vigueur. 

Selon les dispositions de ce texte juridique, les EPSP et les Etablissements publics hospitaliers (EPH) vont disparaître pour fusionner dans un seul établissement ; la circonscription sanitaire. Mais depuis 2018 et jusqu’à 2022 cette démarche n’a pas été possible parce que les décrets d’application de la nouvelle loi sanitaire n’ont pas été mis en place. Est-ce un retour en arrière par rapport à l’organisation de l’offre de soins ? C’est le cas, affirme le Dr Lyes Merabet, qui s’en prend au ministre de la Santé qui continue, s’offusque-t-il, à tourner le dos au partenaire social. Pour le président du SNPSP, il s’agit d’un retour à l’organisation qui existait déjà avant 2007, celle des secteurs sanitaires créés en 1997. Il rappelle, à cet effet, que depuis 2007, la majorité de ces établissements ont squatté des espaces dans des polycliniques pour les utiliser comme siège de l’administration.

«Aucun bilan à ce jour»

Les syndicats du secteur affirment ignorer les détails de ce projet «du fait qu’aucun travail de concertation n’a été proposé du côté du ministère de la santé». A cet effet, le Dr Merabet précise que son syndicat ne cesse de dénoncer cette façon d’agir marquée par «l’opacité et la précipitation sur des questions qui les concernent au premier niveau en tant que professionnels et en tant que syndicat représentatif du corps des praticiens médicaux de la santé publique».

Le plus grave, estime le Dr Merabet, est le fait que les objectifs assignés à cette nouvelle organisation «ne sont non seulement pas clairs, mais en plus, aucun bilan n’est soumis à l’évaluation et à la critique pour appuyer ce retour en arrière». D’ailleurs, regrette-t-il, le même procédé a été adopté en 2007 lorsque Amar Tou, alors ministre de la Santé, avait annoncé la fin du secteur sanitaire et la séparation entre l’hospitalier et l’extra-hospitalier.

Selon le Dr Merabet, la carte sanitaire est appelée à être révisée régulièrement, mais le travail doit se faire après une large concertation avec les partenaires sociaux. «Les objectifs doivent être clairement arrêtés et les échéances bilantées», revendique le syndicat qui se pose des questions d’une importance capitale, à savoir comment peut-on envisager de mettre en place une carte sanitaire sans y inclure les potentialités du secteur privé dans la démarche ? Et comment espère-t-on réussir une révision de la carte sanitaire sans une refonte plus globale orientée vers les sources de financement de la dépense de santé dont celle de la mise en adéquation du cadre réglementaire qui régit les assurances sociales dans notre pays (loi 11-83) ? Par ailleurs, le SNPSP a saisi le président de la République sur la question du dialogue dans le secteur de la santé et notamment l’exclusion du partenaire social de tous les espaces de réflexion mis en place par le ministère de la Santé sur le dossier de la réforme du système de santé.

 

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